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Paysages

Dernière mise à jour : novembre 2016

Présentation

Les Pays de la Loire offrent une diversité de paysages. Si le territoire ne repose pas sur un relief élevé, il intègre néanmoins des milieux naturels et anthropiques d'une grande valeur patrimoniale et paysagère. Le bocage, ensemble de prairies séparées par des linéaires de haies, fossés et talus, constitue le paysage le plus courant. Bordant l'océan Atlantique, la région est aussi pourvue de paysages littoraux et de marais, zones humides d'importance majeure. Elle dispose également d'un réseau hydrographique dense, qui alimente en partie le plus grand fleuve de France : la Loire. La région offre ainsi divers paysages ligériens, caractéristiques des vallées fluviales et rivulaires, ainsi que des paysages viticoles uniques. Au sud et au nord-est de la région, respectivement dans le Bassin aquitain et le Bassin parisien, les paysages sont davantage marqués pas des champs ouverts (« openfields ») ou des espaces boisés. Enfin, la région possède des paysages urbains que l'on retrouve dans les principales agglomérations.

 

Pour appréhender les paysages des Pays de la Loire, il est nécessaire de prendre en compte plusieurs déterminants : le socle physique, l’héritage historique, l’occupation bâtie actuelle (espaces résidentiels, activités économiques, axes de communication) et les modes d’occupation agricole.

 

Carte : Les paysages des Pays de la Loire

L’approche typologique des paysages permet de saisir la diversité des formes et d’occupation du territoire régional. Cette synthèse propose une lecture des grands ensembles régionaux. Cependant, un tel traitement gomme certaines spécificités à l’intérieur de chacun des types de paysages, et certains espaces de transition entre les grands ensembles de paysages n’apparaissent pas dans cette cartographie.

Paysages urbains

Nantes
Nantes © J. D. Billaud / Nautilus

Les paysages urbains se trouvent principalement au sein des grandes agglomérations de la région : Nantes, Angers, Le Mans, Laval, La Roche-sur-Yon... Ces villes se sont construites sur les principaux cours d’eaux navigables qui ont permis de favoriser le développement urbain au cours des siècles. Ces paysages, marqués par la forte densité du bâti, donnent à voir une diversité d’espaces : un centre-ville dense, ancien, qui comporte des éléments marquants tels que des châteaux, des espaces verts urbains de grande envergure. Les grands ensembles, caractéristiques des cités d’habitat social, sont des marqueurs symboliques de la ville. Les paysages urbains sont caractérisés par des vues courtes, du fait de la densité urbaine, mais peuvent être plus longues sur les axes de communication. Les paysages urbains sont également marqués par l’extension périurbaine, caractérisée par un développement circulaire de la ville et des infrastructures de transports. Ces paysages sont soumis à une forte pression urbaine, en particulier près des axes routiers périphériques, consécutifs à un étalement urbain et un mitage du territoire qui participent à effacer les éléments identitaires du paysage, ou encore à dégrader des espaces végétalisés ou agricoles (ex : fermeture du paysage par boisement, enfrichement de parcelles agricoles enclavées à l’intérieur d’espaces périurbains).

Paysages littoraux urbains

La Baule
La grande plage de La Baule © A. Lamoureux

Dans la région, la majeure partie des espaces littoraux et rétro-littoraux présentent des paysages plutôt urbanisés, de type pavillonnaire, en alternance avec des interruptions naturelles ou agricoles. L'urbanisation est plutôt récente puisqu’elle a été encouragée par le développement soutenu du tourisme balnéaire durant le XXe siècle. Quelques villes ont ainsi un front urbain assez dense, composé d’immeubles résidentiels construits depuis les années 1970, au détriment des villas édifiées pendant le XIXe et début du XXe siècle : Pornichet, La Baule, Saint-Jean-de-Monts, Les Sables-d’Olonne. Le paysage naturel du littoral est, quant à lui, marqué par la diversité des côtes : plus rocheuses au nord, plus sableuses ou marécageuses au sud. Ces espaces possèdent des éléments anthropiques symboliques comme des quais ou des pêcheries. Le principal enjeu pour les espaces littoraux est d’éviter l’épaississement de l’urbanisation rétro-littorale, qui conduit à une perte de lisibilité de ce paysage côtier, en luttant contre le mitage et en maîtrisant l’extension des villes balnéaires. Il y a également un enjeu patrimonial, avec la conservation d’éléments architecturaux et urbanistiques des constructions balnéaires du XIXe siècle.

Paysages viticoles

St Aubin de Luigné
Vignobles autour de Saint-Aubin-de-Luigné © Franck Charel

Deux principaux espaces aux paysages viticoles sont visibles en Pays de la Loire : les vignobles du Layon et de l’Aubance (en Maine-et-Loire) et les vignobles de Sèvre et Maine (en Loire-Atlantique), bien que d’autres espaces présentent de manière plus localisée des paysages de vignes. Les vignobles de la région proposent des paysages très ouverts, qui mettent à jour le sol des plateaux et des coteaux, donnant un aspect linéaire au paysage grâce à la vigne et offrant de profondes perspectives. On trouve également des paysages fermés avec des vallées plus escarpées et des coteaux boisés. Dans ces paysages viticoles, le patrimoine architectural est caractéristique : demeures viticoles, moulins, chapelles. L’urbanisation a souvent eu lieu sur les coteaux, où le clocher de l’église domine et constitue un point de repère visuel. Les vignobles de Sèvre et Maine sont également marqués par une architecture d'inspiration toscane, datant de la reconstruction post-révolutionnaire, caractérisée par l’utilisation de la tuile, de la brique, la présence de loggias, de portiques… Les paysages viticoles de la région connaissent une pression urbaine notable, ainsi qu’une uniformatisation et une banalisation de l'architecture. Il y a, enfin, un enjeu lié à la préservation des exploitations viticoles, qui sont de moins en moins nombreuses, notamment en Loire-Atlantique, où elles sont remplacées par le maraîchage.

Paysages de type « openfield »

Triaize
Agriculture openfield en Sud Vendée © F. Leroy

Ce type de paysage se localise principalement dans le Perche sarthois, les plaines d’Alençon ou encore dans les plaines du Bas-Poitou. Les paysages de type « openfield » ou de « campagne ouverte » sont principalement marqués par de vastes étendues, légèrement ondulées qui offrent de nombreux panoramas, avec des points de vue sur de longues distances. Cela facilite le développement de villages groupés comme les modèles des « village-tas » ou des « village-rue », conçus de manière à ce que les agriculteurs puissent à la fois bénéficier d’un accès à la rue principale et à l’exploitation agricole. Il y a également une uniformité des parcelles - souvent grandes et en forme de lanière - qui ne sont pas clôturées autour des champs et donc sans haies. Ce type de paysage est adapté aux grandes cultures (blé, maïs, tournesol…). Il se caractérise par la présence d'obstacles visuels : des hameaux, des bois ou des alignements d’arbres le long des axes routiers. D’autres éléments anthropiques animent le paysage et constituent des repères visuels tels que les églises ou encore les châteaux d’eau, les silos, les pylônes électriques ou les éoliennes. Les axes de communications, qui ne trouvent que peu d’obstacles physiques et topographiques sur leur passage, sont généralement rectilignes et réguliers, traversant ainsi les plateaux ou les vallées en ligne droite. Plusieurs enjeux sont propres à ces paysages comme la préservation des coupures vertes (bois, alignements d’arbres) dans un contexte paysager ouvert, la maîtrise du mitage des territoires, ou encore la réflexion sur les possibilités d’implantations de sites éoliens.

Paysages de type « bocage »

Daon
Daon en Mayenne © Ph. Caharel

Le bocage est le type de paysage le plus courant dans les Pays de la Loire, occupant environ deux tiers du territoire. Il désigne une organisation parcellaire caractérisée par l’enclosure de champs cultivés et de prairies par des haies d’arbres ou d’arbustes. C’est un mode d’occupation de l’espace adapté à l’élevage ou à la polyculture. Selon les différents endroits de la région, le maillage bocager apparaît plus ou moins lâche, structuré, dense. Le bocage est caractéristique des paysages semi-ouverts où s’alternent des vues longues entre certaines haies (on parle d’effet fenêtre) et des vues plus fermées là où la densité des haies est plus forte et forme de véritables écrans végétaux. De manière générale, le bocage à tendance à homogénéiser les perceptions visuelles, en mettent moins en valeur les reliefs modestes ou les cours d’eaux. Les bourgs, caractérisés par un habitat plus dispersé, sont quant à eux des points de repères dans l’espace bocager. Certains espaces se distinguent des paysages bocagers les plus classiques, avec un relief plus élevé, où dominent des vallons qui découpent l’espace en relief moutonné, offrant des perspectives plus longues et des vues plus dégagées. Dans ces lieux, les bourgs sont généralement situés sur les coteaux ou sont étagés sur une lisière qui domine la vallée. Ils constituent alors des repères visuels majeurs du paysage. Le bocage subit un phénomène soutenu d’extension urbaine des agglomérations et de mitage, qui conduit à une perte de lisibilité des formes traditionnelles de ce type de paysage. L’enjeu majeur est donc de permettre une meilleure insertion paysagère des extensions urbaines, ou encore des axes de communication.

Paysages associant bocages et forêts

Gesvres
Campagne en Haute-Mayenne © Ph. Caharel

Si les Pays de la Loire sont une des régions françaises ayant le plus faible taux de boisement, ils comptent néanmoins plusieurs espaces alternant forêts et bocages. Ces paysages se situent en particulier dans les plaines du Saumurois, au sud du Mans ou encore près d’Alençon. On y trouve des bois, des forêts qui sont des espaces fermés où les vues sont plutôt courtes, et des clairières de tailles variables qui donnent un paysage semi-ouvert, puisque les vues s’arrêtent aux boisements. Les espaces sont ainsi très contrastés avec des vallées aux forêts densément végétalisées (peupleraies, hêtraies) et d’autres moins denses et plus ouvertes, avec des paysages de cultures bocagères ou parfois céréalières. Ces paysages sont principalement marqués par des enjeux de préservation du caractère verdoyant et bocager des vallées, des boisements (ex : châtaigneraies de la variété « nouzillard » dans la Sarthe).

Paysages des vallées ligériennes

Sud Loire
Tenues maraîchères Sud Loire © H. Thai-Thuc

Les paysages de vallées du bassin versant de la Loire sont particulièrement visibles dans la vallée du Loir, le Val d’Anjou et surtout le long de la Loire, de la vallée ligérienne en amont jusqu’aux paysages estuariens à Saint-Nazaire. Ces paysages ont une forte valeur patrimoniale qui s’explique par l’histoire économique ancienne des axes de circulation rivulaires et fluviaux, mais aussi par l’implantation ancienne des villes à proximité de ces axes. Des marqueurs visuels animent le paysage comme les châteaux, ponts, écluses, quais, moulins… Avec le développement des activités récréatives, ces espaces deviennent des lieux de détente, d’activités de loisirs dans un cadre de plus en plus protégé. Ce sont des vallées qui accueillent également une variété de cultures : arboriculture fruitière, maraîchage, horticulture, viticulture… En fonction des conditions géomorphologiques, les vallées sont plus ou moins encaissées et donnent une place plus ou moins grande aux coteaux. Ces derniers dessinent l’horizon, qu’ils soient urbanisés, rocheux ou boisés. Ces paysages sont néanmoins marqués par leur horizontalité. Ils connaissent des mutations profondes en lien avec la pression urbaine exercée par les agglomérations de la région, qui peut nuire à leur qualité et notamment au patrimoine traditionnel riche. La maîtrise du développement du maraîchage sur ces territoires, en particulier sur les rives du val nantais, ainsi que l’entretien des prairies bocagères et des belvédères sur les coteaux agricoles constituent des enjeux importants pour maintenir cette qualité paysagère.

Paysages des marais

Marais
Saint-Lyphard - Parc Naturel Régional de Brière © A. Lamoureux

Ces paysages spécifiques sont présents principalement près du littoral, au cœur des marais de Brière, de la presqu’île guérandaise, du marais breton-vendéen ou encore du marais poitevin. Ce sont des paysages verdoyants, dominés par l’eau qui les alimente de différentes manières : étangs, canaux, fossés, rivières, prairies humides… L’horizontalité du paysage permet d’avoir une vision d’ensemble large, avec des panoramas à 360 degrés sur des longues distances. Les paysages sont fortement marqués par la saisonnalité, en fonction des hauteurs d’eau. L’impact des marées, les inondations participent à dynamiser ces paysages. L’anthropisation de ces espaces, d’un point de vue paysager, est limitée à quelques voies d’accès surélevées, à des pêcheries. L’urbanisation se résume à quelques hameaux insulaires ou en frange des marais. L’enjeu agricole pour ce type de paysage est de maintenir l’équilibre saisonnier entre les hautes terres et les basses terres pour le bon fonctionnement agricole. Ce mode de fonctionnement est en effet menacé par l’urbanisation. Le maintien de l’activité agricole est également nécessaire pour l’entretien de ces espaces fragiles (curage des fossés, lutte contre l’enfrichement, lutte contre les espèces invasives).

Sources des informations